Les matériaux et leur mise en œuvre
Comment choisir ?
Le choix d’un parement extérieur dépend de plusieurs paramètres.
Pour chaque projet, les critères de choix du parement doivent être analysés et adaptés à la spécificité de la situation :
- les exigences techniques et réglementaires, afin d’assurer la durabilité et la sécurité de l’ouvrage, notamment en termes de stabilité mécanique et de résistance au feu,
- le coût et les contraintes d’entretien,
- l’esthétique, pour instaurer un dialogue harmonieux avec le bâti existant .
- la situation et la géométrie du bâtiment, prenant en compte l’altitude, l’orientation par rapport aux vents dominants, ainsi que la protection éventuelle apportée par la végétation et le relief.
- les considérations environnementales, dans l’objectif de limiter l’empreinte environnementale du bâtiment.
La mise en œuvre d’un bardage
La conception des détails et leur mise en œuvre selon les règles de l’art déterminent la qualité et la durabilité d’un revêtement. La solution la plus fiable et la plus couramment mise en œuvre est celle du bardage ventilé.
Afin d’assurer un bon comportement du revêtement dans le temps, une lame d’air est créée au moyen de tasseaux, fixés verticalement ou horizontalement. L’épaisseur de cette lame d’air est généralement comprise entre 15 et 30 mm. Elle permet l’évacuation de la vapeur d’eau ainsi que de l’eau de ruissellement.
L’espace de ventilation présente également l’avantage d’évacuer en façade une part importante de l’air surchauffé en période estivale et de favoriser la régulation hygrométrique* du mur.

Le bois (planches brutes, lames travaillées)
Les surfaces bardées en bois présentent des textures et des teintes naturelles variées, en fonction des essences employées. Le bois est généralement perçu comme un matériau agréable au toucher, chaleureux et sensuel. Il se caractérise par une faible effusivité thermique et une faible conductivité thermique, contribuant au confort des parois.
Le bardage en planches ou lames
Les lames de bois sont des éléments sciés, plus longs que larges et d’épaisseur réduite. Elles sont utilisées pour la majorité des bardages. Il peut s’agir de planches en bois massif ou en bois collé, brut ou raboté, profilé ou non. Tous les niveaux de finition sont possibles.
Les essences locales
Les bois utilisés sont purgés de leur aubier. Le mélèze, le chêne, le châtaignier et le hêtre sont naturellement durables. Le pin ou le sapin doivent, quant à eux, être traités et protégés, notamment par l’application d’une lasure.
Le retrait et le gonflement
Le bois est soumis, au fil des saisons, à des variations dimensionnelles dues à la dilatation thermique et à sa sensibilité à l’humidité. Ces variations dépendent des essences, ainsi que de l’orientation des fibres et des cernes.
Il est donc nécessaire d’anticiper ces mouvements. Pour permettre au bois de gonfler et de se rétracter, on crée des joints creux entre chaque planche (prévoir des vides de 1 à 5 mm). Les lames rainurées et à languette sont conçues pour gérer ces variations sans joint creux apparent.
Il est recommandé de privilégier des planches débitées sur quartier (ou s’en approchant) plutôt qu’un débit sur dosse, plus éloigné du cœur, afin de limiter les déformations du bois.
Les types de pose ou gabarits
Les lames peuvent être posées horizontalement ou verticalement, de manière ajourée ou jointive, superposée ou non.
Bardage vertical
En frises à recouvrement, à couvre‑joints, en frises posées sur lattes, en frises profilées ou en claire‑voie (dans ce dernier cas, la mise en œuvre d’un pare‑pluie est indispensable).

Claire-voie

Couvre-joints

À rainures et languettes
Bardage horizontal :
En clins à recouvrement, en clins à feuillure*, en volets à persiennes*.

Persiennes*

À emboîtement

À recouvrement
Les bardeaux
Un bardeau* est une tuile en bois, généralement de petites dimensions et de forme rectangulaire. Les revêtements en bardeaux se composent d’écailles en bois clouées ou vissées, à joints décalés, sur un lattage. Du fait de leur petit format, les bardeaux permettent de recouvrir plus facilement des surfaces incurvées et s’adaptent à des volumétries complexes. Ce système favorise un recouvrement garantissant une meilleure étanchéité. On trouve le plus souvent des bardeaux en bois fendu. Ils sont plus durables que les bardeaux sciés, car la structure fibreuse n’est pas altérée lors de la taille.
Les essences locales
Tout bois résistant aux intempéries, utilisable en extérieur et pouvant être débité en fines plaques peut convenir : l’épicéa, le mélèze, le chêne (peu utilisé), le robinier (faux‑acacia) et le châtaignier.
La pose des bardeaux
Les bardeaux* doivent avoir une épaisseur minimale de 10 mm. Ils sont cloués ou agrafés sur un support continu ou sur des liteaux croisés. Le recouvrement est supérieur à 15 % de la largeur, avec un minimum de 15 mm. Il faut environ 2 à 2,5 m² de bardeaux pour couvrir 1 m² de façade. Cette technique permet le remplacement progressif de petites surfaces en fonction de la durabilité du bois, sans nécessité de démonter l’ensemble du bardage.

Les types de pose ou gabarits
Bardeaux fendus : Le fil du bois est conservé. Ils canalisent efficacement l’eau, ce qui améliore leur durée de vie.
Bardeaux fendus et resciés : fendus puis resciés en biais, ils donnent deux éléments de forme conique, plus épais à une extrémité et très fins à l’autre, avec une face éclatée (placée côté extérieur) et une face plane.
Les ardoises
Issue d’une roche se débitant en feuillets, le schiste, l’ardoise s’est progressivement imposée pour ses qualités. Le schiste argileux présente une structure très dense et un faible taux d’absorption de l’humidité. Les ardoises se présentent généralement sous forme de plaques de teinte gris foncé à noire. Leur usure naturelle se caractérise par un enlèvement progressif en couches homogènes. La pose s’effectue par clouage ou fixation à l’aide de crochets sur un voligeage. Toutefois, il n’existe pas de carrières d’ardoise dans nos régions ni de savoir‑faire local spécifique pour leur extraction et leur fabrication.
Métaux – La tôle emboutie ou le zinc
Les panneaux métalliques ou les tôles assurent, malgré leur très faible épaisseur, un bon recouvrement et une protection efficace contre les intempéries. Les tôles forment une peau fine et continue. Il existe également des éléments de façade autoportants en acier ou en aluminium ; pour des raisons économiques et de réduction du poids, ils sont généralement mis en forme par pliage ou par bombage.
Le zinc et le cuivre sont des matériaux résistants aux intempéries et faciles à mettre en œuvre. Ils peuvent être utilisés comme revêtements de façade. Lorsqu’ils ne sont pas traités, ils se patinent naturellement : le zinc s’assombrit progressivement jusqu’à atteindre des teintes proches de l’anthracite, tandis que le cuivre, initialement rougeoyant et brillant, se couvre avec le temps d’une patine gris‑vert.
L’acier, plus lourd, peut également être employé. Lorsqu’il n’est pas protégé, il rouille et prend une teinte brun‑rouge caractéristique. L’aluminium, grâce à sa faible masse volumique, est l’un des métaux les plus légers. Il est utilisé lorsque la réduction du poids et la résistance aux intempéries sont recherchées, notamment en façade. Sa couche d’oxydation naturelle stabilise sa teinte et le protège durablement des agressions extérieures.
Panneaux à liants minéraux
Il s’agit de panneaux dérivés du bois, constitués soit d’éléments minces en plaques, soit de particules ou de fibres liées par des liants* naturels ou synthétiques. En façade, on utilise notamment les contreplaqués, les panneaux trois‑plis, les panneaux bois‑ciment ou fibrociment, ainsi que les panneaux composites.
Les plaques d’amiante‑ciment, initialement créées pour remplacer l’ardoise à moindre coût, sont aujourd’hui interdites. Lorsqu’elles sont encore présentes dans le bâti existant, il est impératif de respecter les précautions et procédures réglementaires lors de leur dépose.
Matériaux plastiques.
Ce type de revêtement est présent sur certains bâtiments. Il est souvent mis en œuvre en association avec une mince couche d’isolant synthétique étanche, posée directement sur le mur. Ce système ne permet pas la régulation hygrométrique* des parois. Il est préférable de le déposer afin de mettre en œuvre un matériau plus adapté au bâti ancien.

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Conseils techniques
Quel que soit le matériau utilisé pour le bardage, veillez à ce que la ventilation entre le mur et le bardage soit assurée. Prévoyez la mise en place d’une grille anti‑rongeurs en partie basse du revêtement.
3 points clefs pour un bon entretien
- Les finitions, soumises aux intempéries et exposées de par leur fonction, peuvent perdre, au fil du temps, leur aspect et leurs qualités de protection. Elles doivent être reprises dès l’apparition des premiers signes de dégradation afin d’éviter des désordres plus importants.
- Les fixations doivent être régulièrement contrôlées. Une intervention rapide est nécessaire dès l’observation d’un élément de bardage qui se décolle, se désolidarise ou quitte sa position.
- La tenue dans le temps du bardage dépend essentiellement du matériau employé et doit faire l’objet d’un suivi attentif. La dégradation d’un bardage altère non seulement son rôle esthétique, mais peut également compromettre sa fonction de protection de la structure.
Les pièces endommagées doivent être remplacées ou refixées dans les meilleurs délais.
Les différents types de traitement du bois
Le traitement du bois dépend de sa classe de durabilité. Les bois de classe 1 ne nécessitent aucun traitement. Il est toutefois possible d’appliquer une huile naturelle dure (huile de lin), qui nourrit le bois et ravive le veinage. Les molécules d’huile pénètrent légèrement dans le matériau et saturent les pores. Le bois devient ainsi hydrofuge* tout en restant perméable à la vapeur d’eau.
Pour les autres essences, il existe deux principales méthodes de traitement préventif permettant d’atteindre la classe d’emploi 2 :
- Bois traités en autoclave aux sels (CCA, CCB) : le traitement en autoclave confère au bardage une teinte verdâtre (pin) ou brune (douglas). Il ralentit le grisaillement du bois dans le temps, sans toutefois l’empêcher à long terme.
- Bois rétifiés : il s’agit de bois chauffés à haute température. La rétification donne aux lames une couleur brune et limite les reprises d’humidité, réduisant ainsi les attaques de champignons pour les essences sensibles (sapin, épicéa). Cette technique améliore la durabilité du bois, sans toutefois empêcher son grisaillement.
- Lasures : les lasures peuvent être plus ou moins filmogènes et étanches, donnant un aspect plus ou moins satiné. Les lasures très filmogènes se rapprochent des vernis, ces derniers étant à proscrire en finition extérieure. Une lasure présente l’avantage de s’entretenir facilement, sans décapage préalable : elle s’use progressivement par farinage, sans écaillage du film, contrairement aux vernis.
- Peintures : les peintures doivent présenter une perméance suffisante pour permettre la respiration du bois. Les peintures microporeuses en phase aqueuse offrent généralement la meilleure durabilité.
- Dégriseurs : ce sont des produits permettant de nettoyer le bois, même après quinze à vingt ans, et de lui redonner sa teinte d’origine.
Remplacement complet : prévenir les dégradations
Le choix de l’essence
La sensibilité intrinsèque du bois aux attaques de champignons, variable selon l’essence, est exprimée par sa classe de durabilité biologique, allant de 1 (très durable) à 5 (périssable).
Il convient de noter que cette classification n’a de sens que pour le bois de cœur (duramen), l’aubier devant toujours être considéré comme périssable.
En bardage, les bois appartenant aux classes de durabilité I, II ou III peuvent être utilisés sans traitement. Pour les essences présentant une durabilité insuffisante, il est indispensable de recourir à un traitement adapté afin de conférer au bois la durabilité requise.
Pour plus d’informations, se référer aux ressources du CNFB.
Vieillissement du bois
Certains matériaux traduisent l’écoulement du temps et développent une patine naturelle. Le bois, par exemple, passe par une phase de noircissement avant de devenir gris argenté. Ce phénomène résulte de l’action combinée des rayons UV et de l’humidité, qui décomposent les pigments naturels des parties exposées. Selon son degré d’exposition, le bois grisaille plus ou moins rapidement.
Un bardage situé sur une façade orientée sud‑ouest se modifiera beaucoup plus rapidement qu’un bardage exposé au nord‑est. Par ailleurs, sur une même façade, toutes les surfaces ne sont pas exposées de façon uniforme : sous les avant‑toits, au niveau des nez d’appuis de fenêtres, dans les angles rentrants ou à proximité d’un arbre, le bois est partiellement protégé. Il évolue alors plus lentement, ce qui peut entraîner des variations de teinte.
Ce grisaillement naturel correspond uniquement à une modification de la couleur du bois et n’altère pas sa structure ni ses propriétés mécaniques en profondeur.
La mise en œuvre
C’est généralement dès la phase de conception d’un bardage qu’il convient de veiller à limiter les risques de dégradation. Des choix architecturaux adaptés permettent de protéger le revêtement et d’en prolonger la durée de vie. Il est essentiel de limiter autant que possible les situations d’humidification prolongée du bois, notamment par les dispositions suivantes :
- éviter les grandes surfaces horizontales sur lesquelles l’eau pourrait stagner ;
- assurer une surélévation du bardage d’environ 20 cm par rapport au niveau du sol afin d’éviter les remontées d’eau par le bois de bout et les éclaboussures ;
- éviter tout contact direct du bois avec la terre ou avec un matériau poreux susceptible de transmettre l’humidité par capillarité ;
- éviter les situations dans lesquelles le bois pourrait être humidifié par de l’eau de condensation.*
Pour assurer une bonne tenue dans le temps, il convient de veiller à :
- une ventilation efficace des bois de bardage et de l’ossature ;
- une protection du bois en façade assurée par des avancées de toiture
- la prévention de la condensation* dans l’épaisseur des parois, en évitant l’application de produits de finition imperméables à la vapeur
- l’absence de contact direct entre le bois et le sol.
L’humidité
Le bois est un matériau organique, donc soumis à des attaques d’origines végétales et animales, qui peuvent entraîner la dégradation de son aspect extérieur, voire sa destruction complète. Pour que le bois entre en phase de pourrissement, son taux d’humidité doit atteindre au minimum 20 %.
Il est donc essentiel de sélectionner un bois correctement séché, présentant un taux d’humidité inférieur à 20 %. Pour les bois mis en œuvre en extérieur, un taux d’environ 15 % est idéal, avec un maximum toléré de 18 %. Le bois doit toujours être posé parfaitement sec.
Remplacement partiel
Avant toute intervention, il est indispensable de vérifier l’état des supports : présence éventuelle de pourrissements, de moisissures ou de champignons entre le bardage et la maçonnerie, ainsi que l’état général du bardage et de la structure porteuse.
En cas de remplacement partiel, les éléments dégradés doivent être remplacés par des planches de même essence, de même type et de même finition que l’existant. Le mode d’assemblage et le sens de pose doivent être strictement conservés afin de garantir la cohérence technique et esthétique de l’ensemble.
Pour aller plus loin…
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