Perméabilité à la vapeur d’eau :
Chaque matériau possède des caractéristiques propres vis‑à‑vis de la vapeur d’eau. Il peut être hydrophobe ou hydrophile, plus ou moins régulant, et présente un degré de résistance à la diffusion de la vapeur, ainsi qu’un seuil de saturation au‑delà duquel son comportement et ses performances peuvent être altérés.
la migration d’humidité dans une paroi doit être permise et favorisée. Pour que ce transfert opère, les matériaux et les pare-vapeurs (ou frein-vapeur) sont à choisir en fonction de leur coefficient Sd.
Les coefficients Sd et Mu qualifient l’aptitude à la migration de la vapeur d’eau d’un matériau, sa porosité, son hygroscopie :

- Mu exprime la résistance à la diffusion de vapeur d’eau. Sans unité, plus il est grand, plus le matériau est «étanche».
- Sd exprime l’épaisseur d’une couche d’air ayant la même perméabilité que le matériau d’épaisseur Ep. Elle s’exprime en mètre et intègre l’épaisseur de la paroi : Sd=Mu x Ep.
Plus la valeur Sd est grande, moins le matériau est perméable.
Règle à retenir :
le Sd doit être décroissant vers l’extérieur dans un rapport de 1 à 5, il faut une progression continue de l’ouverture des matériaux, du moins ouvert à l’intérieur au plus ouvert à l’extérieur.
Les frein-vapeur
Les frein-vapeur à privilégier sont ceux à valeur Sd plutôt basse et surtout variable selon les saisons : Sd de 0,25 m à 10m voire plus de 18m, au-delà ils se transforment en pare-vapeur et peuvent empêcher les parois de s’assécher.
Hygroscopicité
L’hygroscopicité caractérise la capacité du matériau à stocker de l’humidité en son sein, lorsqu’il est mis en contact avec de l’air humide.
La courbe de sorption (ou isotherme de sorption), présentant en abscisse l’humidité relative et en ordonnée la teneur en eau, permet d’évaluer l’hygroscopicité d’un matériau.
Plus l’aire sous la courbe de sorption est grande et plus le matériau est hygroscopique.
Les valeurs qui peuvent indiquer le niveau d’hygroscopicité d’un matériau sont le w80 et le wf. Plus ces valeurs sont élevées, plus le matériaux est hygroscopique. Sa capacité à contenir l’éventuelle condensation de la vapeur d’eau est élevée.
Associée à la capillarité, cette caractéristique permet à la paroi de s’assécher en cas d’humidification ponctuelle.
Capillarité
Le phénomène de la capillarité désigne ordinairement la capacité de l’eau et de certains liquides à monter naturellement malgré la force de gravité le long de tubes très fins plongés dans ce liquide. La remontée est d’autant plus forte que le tube est fin.
La porosité du matériau est en lien direct avec sa capacité capillaire.
Lorsque des liquides entrent en contact avec des surfaces poreuses, ils peuvent monter ou descendre à l’intérieur de ces pores en raison de l’interaction entre les molécules du liquide et les molécules de la surface du matériaux.
Le coefficient d’absorption liquide A (kg.m-².s-1/2) caractérise la capacité du matériau à absorber de l’eau liquide par capillarité, c’est-à-dire lorsqu’il est mis en contact avec un plan d’eau. Plus un matériau est capillaire, plus son coefficient A est élevé.
Règle à retenir :
Lors de sa migration dans les parois, la vapeur d’eau peut être amenée à condenser. Les matériaux capillaires facilitent la migration de cette condensation à la surface de la paroi, et son évaporation. Ces matériaux sont à privilégier dans le cas de parois poreuses, favorables aux remontées capillaires, et à la migration de vapeur d’eau.
Sur des matériaux de construction type grès, calcaire, briques pleine, bois, terre… : choisissez toujours de mettre en œuvre des matériaux capillaires et perméables à la vapeur d’eau.
Les mots des spécialistes
« La saturation en eau des matériaux reste la principale source de pathologies et de dégradations. Pour les éviter, des études parfaitement menées doivent rimer avec une parfaite mise en œuvre sur chantier. Compréhension, propreté, protection des ouvrages et finitions irréprochables sont de mise.
A cet effet, il convient de vérifier l’application des normes et/ou des règles professionnelles, afin de ne pas risquer un quelconque défaut d’assurance.
Au-delà des travaux, la transmission des particularités constructives doit assurer leur parfaite compréhension par les utilisateurs ; ils déclencheront entretien, nettoyage et maintenance de façon adaptée. »
« Enduits, badigeons, torchis, mortiers, traitements et mélanges avec terre, chanvre et paille, sont les principales utilisations de la chaux vive, aérienne et hydraulique. A elle seule, elle mérite une fiche complète ! Le bois, la pierre, les peintures minérales etc. sont pour moi des supports de travail qui inspirent plaisir et confiance.
Exigeant un vrai savoir-faire, ils nous obligent à garantir les résultats escomptés. Aussi, la compréhension des enjeux patrimoniaux et environnementaux place la chaux et les matériaux bio-sourcés en « pôle position » ! »
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