Charpente / Couverture

Les constructions traditionnelles rurales sur le territoire des Parcs naturels régionaux du massif des Vosges présentent des toitures à forte pente, le plus souvent à deux pans. Cette configuration ne répond pas principalement à des critères esthétiques, mais dépend de la nature des matériaux de couverture et de la fonction des espaces situés sous la toiture (dépendances, schopf, appentis, etc.).

La charpente

La charpente est constituée d’un assemblage de pièces en bois destiné à supporter la couverture. Les essences employées varient selon la fonction des différents éléments qui composent la charpente et proviennent généralement des forêts locales. Le chêne, bois noble et résistant, est privilégié pour les poutres maîtresses, tandis que les résineux sont employés pour les éléments secondaires, tels que les chevrons et les voliges.

L’évolution du type de charpente s’est développée en fonction de plusieurs facteurs, notamment :

  • les besoins liés à l’utilisation des combles, impliquant la nécessité de libérer l’espace intérieur ;
  • l’importance des portées, qui conduit à l’agrandissement des constructions ;
  • le type de couverture mis en œuvre

La charpente traditionnelle est composée de fermes. La ferme est une structure triangulée qui fournit à la charpente une stabilité face aux poussées (vents, neige, couverture).


La couverture

Au fil du temps, la forme et la taille des tuiles ont évolué. À l’origine, ils semblerait que les toitures étaient principalement couvertes de chaume. Ce matériau, afin d’assurer une bonne étanchéité, nécessite une forte pente, ce qui explique la généralisation des toitures à deux pans. La couverture en chaume peut être mise en œuvre selon deux techniques distinctes.

La couverture simple :

La couverture double 


Les systèmes constructifs

La charpente se compose d’une ossature principale, dont le rôle est de supporter la couverture et de résister aux contraintes climatiques, notamment le poids de la neige et les efforts dus au vent. Une ossature secondaire prend appui sur les pannes. Elle est constituée de chevrons, de coyaux, d’un lattage ainsi que du matériau de couverture.

La forte inclinaison du toit, combinée à la présence d’un entrait, rend inutile la mise en œuvre d’une panne faîtière. Les chevrons s’assemblent alors directement au faîtage selon un assemblage à mi‑bois.

Le coyau (1)

Le coyau est une pièce ajoutée en partie basse des chevrons. Il permet de réduire localement la pente de la toiture. Cette différence d’inclinaison crée une brisure caractéristique dans la silhouette du toit.

En prolongeant la couverture au‑delà des façades, le coyau favorise le rejet des eaux de pluie à distance des murs, assurant ainsi une meilleure protection des enduits ou des pans de bois. Traditionnellement, ce type de toiture ne comporte pas de gouttières.

Les auvents (2)

Les auvents jouent un rôle essentiel dans la protection des façades en pan de bois, et plus particulièrement des sablières. Généralement implantés juste sous les fenêtres de l’étage, ils prennent appui sur ces éléments structuraux.

Leur couverture, identique à celle du toit principal, est traditionnellement dépourvue de gouttière. Présents aussi bien sur les pignons que sur les longs pans, les auvents peuvent également remplir une fonction d’usage, en formant une galerie couverte permettant un passage protégé le long de la façade..

La rive (3)

Le débord de toiture, au niveau des pignons, est le plus souvent faible ou absent. Les rives sont traitées de manière simple et fine. Il n’existait pas de tuiles de rives ou d’abouts. La finition était réalisée par superposition et découpe de tuiles scellées par un mortier de chaux naturelle. Pour les maisons en pierre, la finition est réalisée à l’arase du mur*. Pour les maisons à pans de bois, la finition est réalisée par une planche de bois avec un débord de 15 cm.

La couverture (4)

Traditionnellement, elle est composée soit :
– de tuiles plates rouges à bouts arrondis ou pointus, en argile cuite dites « queue de castor » ou « Bieberschwantz » (dimension traditionnelle : 16×38 cm)
– de tuiles canal.
L’ensemble est soutenu par un lattis.

Le faîtage (5)

Les tuiles faîtières ont un profil demi cylindrique et sont scellées au mortier de chaux naturelle. Le dernier rang de tuiles est doublé par un second rang s’accrochant directement sur le dos de la première.

La croupe

La cheminée


Les ouvertures

Les ouvertures originelles en toiture permettent la ventilation des pièces de bois constituant la charpente. Elles se présentent ponctuellement sous la forme de tuiles chatières ou de lucarnes rampantes de petites dimensions. Les chiens‑assis demeurent exceptionnels dans ce type de construction.
La ventilation des combles et l’apport de lumière naturelle sont principalement assurés par les ouvertures aménagées dans les pignons.

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