- Dégradations de l’enduit
- Reprise de l’enduit
- Pour la maison en pierre
- Pour la maison à pan de bois
- Choisir une teinte
Dégradations de l’enduit
Décollement de l’enduit : manque d’adhérence au support
Il se traduit par des décollements par plaques ou par des gonflements de surface. Il peut provenir de plusieurs causes :
- L’humidité du mur : ces désordres peuvent être dus à la présence de vapeur d’eau (phénomènes de condensation, chocs thermiques) qui ne peut pas s’évacuer. Souvent, c’est la nature de l’enduit qui rend la façade étanche et empêche la respiration du mur.
- Les mouvements du bâti : les fissures importantes accompagnées de décollements de l’enduit peuvent résulter de mouvements de la structure. Les fissures fines avec faïençage* peuvent être liées à un retrait de l’enduit de finition, dû notamment à un mauvais dosage, à un séchage trop rapide ou à des conditions hygrométriques inadaptées.
- La nature du support : l’enduit et le support ne sont pas toujours compatibles ; l’adhérence peut être insuffisante, notamment en l’absence de sous‑couche ou en cas de préparation inadéquate du support.
Présence de traces dans l’enduit
- Les auréoles : elles proviennent de la présence d’humidité dans le mur.
- Les efflorescences : elles résultent de la migration des sels à la surface de l’enduit. Ces sels peuvent provenir des excrétions animales (salpêtre) ou de sels dissous qui migrent à l’intérieur de la pierre sous l’effet des remontées d’humidité par capillarité.

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Reprise des enduits
Pour préserver le bâti ancien, il est préférable de réaliser un enduit à la chaux naturelle, dont la porosité permet au mur de respirer. Il convient de privilégier la chaux au ciment, matériau non poreux, pour la confection des mortiers.
Reprise totale de l’enduit
Dans la plupart des cas, les enduits à la chaux ont été remplacés par des enduits à base de ciment ou des enduits organiques. Il est préférable de les déposer afin de rétablir la perméabilité du mur et permettre une bonne respiration de la maçonnerie.
Conseils techniques
L’enduit est mis en œuvre en trois couches, après une préparation préalable du support : piquage complet de l’ancien enduit, dégarnissage et nettoyage des joints à la brosse. Le mur doit être soigneusement humidifié avant l’application du gobetis (première couche).
Reprise partielle de l’enduit
Lorsque seule la dernière couche d’enduit, appelée couche de finition, doit être refaite, l’enjeu consiste à veiller à ne pas corriger les irrégularités du mur par des surépaisseurs excessives.
Conseils techniques
L’enduit doit arriver au nu du pan de bois ou des éléments en pierre de taille. Évitez les enduits trop rugueux (grain trop important) car les poussières s’y accrochent et salissent le mur.
On cherchera à retrouver la finition d’origine, soit tirée à la truelle, soit talochée :
- l’enduit ”tiré à la truelle“, brut et d’aspect légèrement rugueux. Cette finition était généralement laissée de teinte naturelle, celle du sable utilisé : beige, ocre, gris et pouvait être agrémentée de liserés de bordures tracés en creux ou simplement peints à la chaux. Il peut également être décoré par la technique du ”Kratzputz“, décor gratté en creux dans l’enduit encore frais.
- l’enduit ”taloché“, donc à surface lisse. Il se prête à recevoir des peintures décoratives à base de lait de chaux teintées par des pigments naturels ocres ou oxydes.
L’enduit de finition
Traditionnellement, la couleur de l’enduit est obtenue de différentes manières :
- par la teinte naturelle du sable utilisé dans la composition de l’enduit,
- par la coloration de l’enduit dans la masse, à l’aide de pigments naturels,
- par l’application d’un badigeon au lait de chaux, coloré avec des pigments naturels, qui assure également un rôle de protection de l’enduit.
Conseils techniques
Les finitions doivent être conformes à celles d’un enduit traditionnel.
L’utilisation d’un enduit teinté dans la masse (par l’ajout de pigments naturels ou de sable coloré incorporé à l’enduit) prêt à l’emploi peut être admise. Il s’agit alors d’un enduit de parement minéral, à base de silicates ou de chaux, sans adjonction de résines ni de fibres synthétiques, afin de conserver une bonne porosité. Il convient toutefois de vérifier attentivement la composition du produit, en évitant la présence de ciment ou d’adjuvants incompatibles.
L’emploi d’une peinture prête à l’emploi de type minéral, à base de silicate de potassium ou de chaux, peut également être envisagé. Cette peinture doit impérativement rester poreuse afin de permettre la « respiration » du mur.
Les peintures minérales (composées majoritairement de minéraux) peuvent être utilisées en finition sur la couche de finition d’un enduit traditionnel à la chaux. Une peinture à la chaux ne peut théoriquement pas être appliquée sur un support silicaté (enduit ou peinture), alors que l’inverse est possible (peinture silicatée sur chaux). En revanche, ni la peinture à la chaux ni la peinture au silicate ne peuvent être appliquées sur une ancienne peinture organique. Dans ce cas, il est possible d’utiliser une peinture organique compatible avec le support existant, à condition qu’elle présente un aspect mat.
Reprise des fissures
Il est important de vérifier si la fissure est évolutive. Pour cela, la mise en place de témoins permet de suivre son évolution dans le temps avant toute intervention définitive.
Conseils techniques
Si la fissure est stable, un piquage partiel de l’enduit (sur environ 15 cm de part et d’autre), suivi d’un nettoyage soigné puis d’un rebouchage à l’aide d’un mortier de chaux naturelle, peut être envisagé.
Pour la maison en pierre
L’enduit recouvre l’ensemble des parties de la maison construites en moellons de pierre, à l’exclusion des éléments en pierre de taille. Certains ouvrages en moellons, tels que les murs de clôture ou les murs de grange moins exposés aux intempéries, peuvent être laissés sans enduit.
L’enduit traditionnel est un enduit au mortier de chaux ; c’est le seul parfaitement adapté au support que constitue le mur en moellons de pierre.
La façade latérale, souvent la plus exposée aux intempéries et comportant peu d’ouvertures, se caractérise par sa grande simplicité. Elle peut être ponctuellement animée par la présence de pierres de boutisses ou de gros moellons non taillés, qui interrompent la planéité de la façade.
Pour la maison à pan de bois
L’enduit ne doit pas déborder du pan de bois. Pour cela, le remplissage doit être en retrait de quelques centimètres. Si ce n’est pas possible, l’enduit doit être écrasé sur les bords de chaque panneau afin d’arriver à fleur du pan de bois.
L’enduit adapté à une maison à pan de bois est un enduit à la chaux naturelle. Il peut être laissé naturel ou teinté dans la masse pour la couche de finition. Les enduits monocouches sont à proscrire. Pour la couleur de la façade, il est possible de conserver la teinte naturelle de l’enduit, donnée par le sable, d’appliquer un badigeon de chaux ou d’utiliser une peinture minérale à base de silicates. Les peintures organiques sont à proscrire.
Lorsque l’enduit doit être entièrement repris, la mise en œuvre d’un treillis d’accrochage est souvent nécessaire. Celui‑ci doit être fixé sur les faces latérales des pans de bois, éventuellement après engravure dans le remplissage, et en aucun cas sur la face visible des pièces de bois. L’enduit est ensuite taloché à ras du bois sur les remplissages (maçonnerie en brique ou torchis). Les traces de mortier sur le bois doivent être nettoyées au fur et à mesure de l’application.
Dans le cas où le remplissage existant est conservé et où l’enduit est appliqué en surépaisseur, le débord doit être aplati au maximum sur les angles afin d’éviter la formation d’arêtes saillantes et rectilignes. Des bords légèrement biseautés permettent de limiter la stagnation de l’eau.
Les débords
Dans le cas où l’on conserve le remplissage existant et où l’enduit est appliqué en surépaisseur, le débord doit être aplati au maximum sur les angles afin d’éviter la formation d’arêtes saillantes et rectilignes. Des bords biseautés permettent de limiter la stagnation de l’eau.



Choisir une teinte
Outre les nuances obtenues par l’utilisation du sable local, les teintes des enduits et des peintures variaient selon les secteurs paysagers, voire d’un village à l’autre.
Traditionnellement, le blanc semble avoir été la couleur la plus usuelle et la moins coûteuse, suivi de l’ocre jaune, du bleu, du rose et du vert pâle. Leur usage dépendait de la disponibilité des pigments à un prix abordable ainsi que de phénomènes de mode.
Aujourd’hui, quelques principes simples peuvent guider le choix des couleurs :
- rechercher une harmonie avec les maisons voisines et le paysage de la rue,
- privilégier les teintes proches de celles données naturellement par le sable local (couleurs chaudes : rosé, orangé…),
- éviter les couleurs trop vives, trop sombres ou trop saturées,
- prendre en compte le volume, la situation et l’exposition de la maison ,
- chercher une cohérence d’ensemble entre la façade, la toiture, le soubassement et les volets.
On pourra se référer aux conseils de spécialistes et aux prescriptions définies localement lorsqu’elles existent (présence éventuelle d’une charte de couleurs dans le Parc naturel régional des Vosges du Nord), en se renseignant en mairie.
Il est également possible de chercher à retrouver les teintes d’origine, en grattant les couches successives d’enduits ou de peintures, notamment au niveau des parties protégées ou peu exposées.


Pour aller plus loin…
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