- La pierre une ressource locale
- Les types de pierres
- Le travail de la pierre
- Les systèmes constructifs
- Décoration des maisons en pierre
La pierre une ressource locale
Dans les Vosges du Nord :
Les Vosges du Nord s’étendent sur un socle principalement gréseux, formé au début de l’ère secondaire, il y a environ 245 millions d’années, au cours de la période du Trias. À cette époque, l’Est de la France correspond à un vaste delta dans lequel se déposent d’importantes quantités de matériaux sableux.

L’épaisseur du banc de grès atteint en moyenne 500 mètres dans le nord des Vosges. Il s’est formé en plusieurs étapes et se compose d’une succession d’unités géologiques (ci‑dessus : vue en coupe des formations géologiques à proximité de Montbronn).
L’évolution géologique confère une grande diversité de textures et de couleurs aux pierres qui constituent le terroir régional.
– Le grès, matériau omniprésent, a modelé le paysage contrasté du territoire du Parc ;
– le calcaire, présent sur le plateau lorrain, s’étend depuis la côte de Moselle et s’élève progressivement sur le versant occidental des Vosges.
Dans les Ballons des Vosges :
Contenu en construction
Les types de pierres
Dans les Vosges du Nord, on distingue quatre types de pierres utilisés dans la construction :
Le grès vosgien
(extraction au nord-est du bassin d’Ingwiller et de Rothbach) : c’est un grès grossier, très abrasif, caractérisé par une couleur rouge nuancée de bandes jaunâtres.

Le grès quartzite de Champenay
(sud de Saverne) est le plus dur des grès vosgiens. C’est un grès à ciment siliceux, présentant des coloris allant du rouge au rose, et pouvant également varier du gris au beige. Ce matériau est non gélif* et se caractérise par une très forte résistance à la compression, aux chocs et au poinçonnement, ainsi que par une très faible absorption. Il s’agit du seul grès polissable du massif vosgien.
* non gélif : qui ne se dégrade pas sous l’effet du gel

Le grès à Voltzia
(grès ferme d’Alsace) présente un grain fin, qui facilite la taille. Il a notamment été utilisé pour la réalisation de certains éléments de la cathédrale de Strasbourg. Sa couleur est variée : rouge bigarré, gris rosé, gris jaune ou gris blanc.

Le calcaire
les moellons de calcaire sont utilisés dans la construction des bâtiments en Moselle et à l’ouest de l’Alsace Bossue

Dans les Ballons des Vosges; on trouve 2 types de pierres supplémentaires :
Le Schiste
Le granit
Le travail de la pierre
Les caractéristiques physiques
Ce matériau est exploité en construction pour sa grande résistance. Sa mise en œuvre et son choix dépendent plus précisément de ses caractéristiques physiques, telles que sa densité, sa porosité, son aptitude à la taille, sa dureté superficielle et la présence éventuelle de défauts.
La pose de la pierre
Il est important de choisir une pierre ayant la plus forte résistance à l’écrasement et provenant d’une couche géologique homogène.

La pierre doit être posée dans son lit, c’est‑à‑dire de manière à ce que les charges s’exercent perpendiculairement aux veines naturelles de la pierre.
La finition

Bosselée

bouchardée ou peignée

polie

charruage
Les systèmes constructifs
La structure porteuse de la maison en pierre est constituée des quatre façades et des murs de refends intérieurs. Ces murs porteurs sont réalisés en moellons de grès ou de calcaire, plus rarement en pierre de taille. Des murs intérieurs en pans de bois et les planchers participent au contreventement* de l’ensemble de la structure. Ils peuvent être hourdés* en moellons de pierre. On peut également trouver le pan de bois (colombage) au niveau des parties hautes des pignons.

Maçonné en pierre, le mur est constitué de deux parements montés en couches successives. Entre ces deux maçonneries se trouve un remplissage central composé de matériaux de tout‑venant, tels que gravillons, sables, fragments de pierre et terre.
Des pierres traversantes, appelées boutisses (ou « Bander »), assurent la liaison entre les deux parements et consolident l’ensemble de la maçonnerie. Cette structure à triple épaisseur confère au mur une inertie thermique importante et contribue à l’isolation de la maison.
Les murs (1)
Leurs épaisseurs sont variables en fonction des modes constructifs et de la hauteur des bâtiments. On peut distinguer deux types fréquents dans nos constructions :
Le mur simple :

Le double mur :

Les chaînages (2)
Ils assurent la liaison et la solidarité des murs de façade aux angles des constructions. Ils sont généralement constitués de harpes en pierre taillée, laissées apparentes. Celles‑ci peuvent être en saillie, ou en débord, par rapport au nu du mur, ce qui indique le plus souvent que la façade est destinée à être enduite.
Les fondations (3)
Le choix du type de fondation et sa profondeur se fait en fonction de la nature des sols et de l’importance de la construction. Les fondations sont réalisées sur un sol purgé de la terre végétale afin d’obtenir une assise stable et plane. La maçonnerie est ensuite montée directement sur ce fond de fouille. Cette technique est encore utilisée au XIXe siècle.
L’encadrement de fenêtre (4)
Le linteau et le linteau de décharge reprennent les charges verticales et les reportent sur les pieds droits et les trumeaux*.
L’appui de fenêtre termine l’encadrement. Taillé en légère pente, il guide les eaux de pluie vers l’extérieur et protège la maçonnerie située sous l’ouverture. L’appui de fenêtre saillant par rapport au reste de l’encadrement constitue une pratique plus récente, apparue au début du XXe siècle.
Les pieds droits reprennent les charges du linteau et contiennent la maçonnerie de part et d’autre de l’ouverture.


Le soubassement (5)
La base des murs est fortement exposée aux chocs et à l’humidité. C’est aussi la partie du mur où se concentrent les remontées d’humidité par capillarité qui proviennent du sol.
Pour l’appareillage du socle, on emploie des pierres dures. Elles sont taillées et le plus souvent laissées apparentes.
Le seuil de la porte (6)
Il est de manière générale plus haut que le sol intérieur et extérieur afin d’assurer une bonne étanchéité à l’eau et à l’air.
Le liant (7)
Le mortier à base de chaux est utilisé pour lier et consolider les pierres entre elles grâce à ses propriétés d’adhérence. Perméable à l’eau, il permet une bonne répartition des charges au sein du mur. Ce liant présente une grande souplesse et s’adapte aux mouvements de la maçonnerie, ce qui limite l’apparition de fissures dans l’enduit.
Le revêtement (enduit) (8)
Traditionnellement, les murs sont revêtus d’un enduit au mortier de chaux naturelle, mis en œuvre en plusieurs couches afin de favoriser l’évacuation de l’humidité due à la condensation et de protéger la maçonnerie des intempéries.
Décoration des maisons en pierre
Les bâtiments se singularisent par la présence d’éléments en pierre taillée, sculptés ou décorés. Les décors se concentrent principalement sur les encadrements de portes des habitations, qui comportent fréquemment une date (millésime), des emblèmes et des symboles.
Progressivement, l’évolution des styles, du baroque au classique, permet de distinguer des encadrements moulurés et sculptés en bas‑relief. De même, on observe une évolution des formes des linteaux de fenêtres, passant de l’arc cintré au linteau droit.
Les différents éléments en pierre de taille laissés apparents — soubassements, chaînages d’angle, corniches, encadrements de portes et de fenêtres — permettent une lecture claire de la structure du bâtiment. Il est essentiel de conserver cette mémoire lors des transformations de ces édifices afin de ne pas l’altérer.
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