Aménagement des abords

L’exploitation agricole s’est progressivement individualisée ; de ce fait, chaque agriculteur devient autonome et assume la responsabilité de la subsistance de sa famille. En périphérie des maisons traditionnelles, on distingue différents espaces complémentaires : le jardin sur rue, le jardin potager et le verger.

Les particularités des abords des maisons cour


Le jardin sur rue

Ce jardin se situe entre la façade de la maison d’habitation et la rue. De taille modeste, il remplit avant tout une fonction décorative. Souvent bordé d’une clôture en lattes de bois, et jamais d’une haie, il constitue une véritable vitrine de l’habitation.

Il se compose de différents types de plantations : arbustes, plantes grimpantes, fleurs annuelles, vivaces et, plus rarement, quelques arbres. Les fruitiers y sont peu présents, de même que les cultures potagères, généralement réservées au jardin potager.

Le jardin potager

Il s’agit d’un jardin dédié à la culture de plantes à vocation vivrière, décorative, condimentaire et médicinale.

Généralement clos, il est situé à l’arrière du bâti, dans son prolongement direct. Ce jardin est structuré par une ou plusieurs allées centrales, décaissées par rapport aux parcelles cultivées. À partir de ces allées se développent plusieurs chemins de circulation, délimités par des plates-bandes. En fond de parcelle, des haies gourmandes peuvent être plantées, composées notamment de framboisiers, de cassissiers ou de groseilliers.

Espèces potagères : carottes, céleris, topinambours, bourrache, oseille, fenouil, haricots, rhubarbe, … et plus tard tomates, pommes de terre
Espèces aromatiques : thym, ciboulette, basilic, persil, romarin, sauge, estragon, menthe, maggi, raifort…
Fleurs décoratives : Grande marguerite, dahlia, glaïeul, giroflée, marguerite, roses d’Inde, œillet de poète, roses trémières, tournesol, lupins….


Les particularités des abords des maisons bloc


L’usoir

Symbole de la tradition rurale du plateau lorrain, l’usoir est un espace collectif situé à l’avant de la maison. Utilisé par les villageois comme lieu d’échange, de stockage temporaire des éléments liés à la vie agricole, on y faisait des travaux quotidiens d’entretien ou de réparation. Les habitants pouvaient l’utiliser sans se l’approprier ou le privatiser. Le fleurissement se faisait surtout en pied de façade, en utilisant souvent des plantes palissées ou grimpantes. C’est la maison qui sert de support au végétal. Le long de l’habitation, les plates-bandes sont composées de rosiers, de plantes vivaces et d’arbustes. Ces plantations ont un aspect décoratif et jouent un rôle de protection du mur.
Selon la largeur de l’usoir, il peut être agrémenté d’arbres de grande taille. Ce sont des arbres à feuillage caduque, dense pour favoriser en été l’ombre et la fraîcheur et l’ensoleillement en hiver. On choisit des espèces pour leur rôle utilitaire, le noyer pour ses fruits et le tilleul pour son parfum.


Le verger


La clôture

C’est un élément fort qui délimite l’espace privé. Elle a une fonction de protection contre l’intrusion d’animaux et limite les effets des intempéries, tout en délimitant une parcelle.

Ces clôtures simples sont le plus souvent à claire voie. Elles restent basses, jusqu’à 1,40 m maximum. Elles sont constituées de lattes de bois brut (robinier ou acacia, chêne, mélèze, douglas, châtaignier et pin) de 5 à 10 cm de largeur et fixées sur deux lisses. Les parties supérieures des éléments en bois sont en pente de manière à favoriser l’écoulement de l’eau. La clôture est rythmée par des travées de 2 à 3 m ponctuées par des piliers en pierre ou par des poteaux en bois. Des parties basses formant des socles peuvent être réalisées en maçonnerie de pierre. A partir du XIXe siècle, le fer forgé et la fonte peuvent se substituer au bois.

À l’origine, ces ouvrages prennent la forme de murs en pierre sèche délimitant un jardin ou un passage. Les pierres, en grès ou en calcaire, sont empilées sans liant entre les différents blocs. Afin de protéger la maçonnerie de l’infiltration des eaux de pluie, des couvertines taillées sont disposées au sommet du mur.

Progressivement, ces murs ont évolué vers des structures maçonnées puis enduites. Des tuiles en terre cuite se sont alors substituées aux pierres pour assurer la couverture et la protection des sommets.

Une autre manière de délimiter un espace est la plantation de haies. Essentiellement des haies de charmes appelées charmilles, dont l’entretien et la taille sont faciles. Leur hauteur est limitée, laissant passer la lumière et les vues.

Chaque clôture comprend un ou plusieurs accès. Sur la rue, on retrouve le plus souvent une porte piétonne et une porte charretière. Le cheminement se prolonge à l’intérieur de la cour par des dalles ou des pavés en pierre, le reste étant en terre battue ou en herbe. Le jardin potager s’ouvre vers les vergers et les venelles* par des portillons en latte de bois.


Les abords aujourd’hui

Les espaces plantés constituent des lieux de transition entre le bâti privé, l’espace public et la nature plus libre. Chaque intervention ou plantation est réfléchie en fonction de la nature des sols acides, neutres ou basiques, de l’exposition au soleil et des apports en humidité.

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