Accueillir la biodiversité

Favoriser la biodiversité, c’est : permettre le maintien et le développement de la faune et de la flore locale.
Comment, dans un projet d’éco-rénovation, prendre en compte la biodiversité en présence et/ou la favoriser ?


Pourquoi concilier la biodiversité et le bâti ?

La régression de la biodiversité est directement liée à l’augmentation de l’urbanisation :

L’extension continue des enveloppes urbaines s’accompagne à la fois d’une artificialisation des sols, et d’une évolution des modes constructifs qui entraînent la disparition des ressources et abris propices au développement des espèces animales et végétales.

Il en découle :

  • Pour les oiseaux spécialistes du bâti : -24% des effectifs entre 1989 et 2018
  • Pour les chauves-souris : -38% des effectifs entre 2006 et 2016

Source : Observatoire national de la biodiversité (ONB)

A l’échelle de la ville, du village et chez les particuliers, les choix d’aménagements ont un impact et peuvent améliorer la situation en créant :

  • Des réservoirs de biodiversité : zones vitales, riches en biodiversité, où les espèces peuvent réaliser tout ou partie de leur cycle de vie : reproduction, alimentation, abri.
  • Des corridors écologiques : voies de déplacement empruntées par la faune et la flore qui relient les réservoirs de biodiversité (haies, bosquets, ponts végétalisés sur les voies de circulation, ouvertures dans un jardin clôturé.

Renforcer la végétalisation avec des espèces locales désimperméabiliser les sols et favoriser les mobilités décarbonées, employer des matériaux locaux à faible impact carbone, se connecter au contexte global : parcs, jardins, friches, espaces naturels, forêts, cours d’eau ; autant de gestes qui permettent de freiner l’érosion de la biodiversité.


Un projet qui s’inscrit dans son environnement

Le paysage : unités paysagères et motifs paysagers

Les territoires sont composés de séquences paysagères variées, qui construisent leur identité. Chaque unité paysagère comporte des motifs paysagers emblématiques qui dessinent sa carte d’identité : Vergers, prairies, forêts, bosquets, zones humides, sous-bois, espaces cultivés, pelouses sèches…

L’enjeu est d’inscrire les projets d’éco-rénovation et l’aménagement des abords dans leur paysage spécifique,

Penser des aménagements plus résilients

Voir chaque parcelle du village comme un potentiel pour mieux vivre avec le vivant :

Renforcer la végétalisation, désimperméabiliser les sols et favoriser les mobilités décarbonées, employer des matériaux locaux à faible impact carbone…

Et comme un lieu en connexion avec le contexte global des espaces de nature : parcs, jardins, friches, espaces naturels, forêt, cours d’eau… :

  • Freiner l’érosion de la biodiversité en accueillant la nature dans son jardin et dans le bâti
  • Réduire les îlots de chaleur urbains grâce à l’ombre et l’évapotranspiration
  • Influer sur la santé mentale des habitants,
  • Améliorer la qualité du cadre de vie
  • Atténuer les pollutions atmosphériques
  • Infiltrer les eaux de surfaces via le système racinaire
  • Stocker du carbone
  • Fabriquer un nouveau visage du village

Aménagements et espèces protégées

La réglementation :

Elle protège, entre autres, les oiseaux et chauves-souris (arrêtés du 29/10/2009 et 23/04/2007) en interdisant de :

  • Détruire intentionnellement ou enlever des œufs et des nids.
  • Détruire, capturer, mutiler intentionnellement ou enlever les animaux dans leur milieu naturel.
  • Perturber les individus intentionnellement pendant la reproduction.
  • Détruire, altérer ou dégrader des sites de reproduction et des aires de repos.
  • Détenir, transporter, naturaliser, vendre ou acheter des individus morts ou vivants.

Le code de l’environnement (article L415-3) prévoit de punir toute atteinte ou destruction intentionnelle d’une espèce protégée ou de son habitat par la loi par un maximum de 3 ans d’emprisonnement et 150 000 € d’amende. Les forces de police, et plus particulièrement l’Office Français de la Biodiversité (OFB) sont chargés de faire respecter cette législation.

En cas de présence d’espèces protégées, le projet doit être adapté pour éviter les impacts. Si les impacts ne sont pas évitables, il faut les réduire et compenser les impacts résiduels (séquence ERC : Eviter Réduire Compenser). De plus, une autorisation devra être accordée par la DREAL de votre région si les travaux entrainent un impact sur les espèces protégées.

Les bonnes pratiques :

La sensibilité de la faune et de la flore est variable selon les saisons (cycle de vie) :

Exemple d’un agenda pour quelques espèces :

Source : loiret nature environnement

Exemples de cycles à prendre en compte dans la programmation des travaux :

Source : loiret nature environnement

Les actions pratiques pour la biodiversité :

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